La position latérale de sécurité (PLS)

Un patient inconscient couché sur le dos est en danger en raison du risque d'obstruction des voies respiratoires (corps étrangers, sang, vomissements, etc.)

Toute personne inconsciente doit être placée en position latérale de sécurité afin de libérer les voies respiratoires et de faire en sorte que son état reste stable jusqu'à l'arrivée des secours.

Mise en pratique :

  • S'agenouiller à côté du patient
  • Lui retirer ses lunettes le cas échéant
  • Retirer tout objet rigide des poches, en évitant le plus possible le déplacement du patient (clés, porte-monnaie, téléphone portable).
  • Écarter, à angle droit, le bras du patient le plus proche, puis poser son autre bras sur le thorax
  • Étendre les jambes l'un à côté de l'autre
  • Saisir le patient par l'épaule et la hanche et le faire tourner d'un seul bloc, sans torsion, jusqu'à ce que son flanc soit sur le sol et que son corps s'appuie sur vos cuisses.
  • Lui incliner prudemment la tête vers l'arrière, bouche ouverte vers le bas
  • Protéger le patient (couverture, veste, etc...)
  • Encadrer et surveiller le patient

N'oubliez pas que même si le patient est inconscient, il peut entendre ce qu'il se passe. N'hésitez pas à lui parler et à l'informer des gestes que vous faites.

 

 

 

Le Basic Life Support (BLS)

Sauver vous aussi une vie !

Le BLS est une mesure de base pour sauver la vie.

Chaque minute compte ! Lors d'un arrêt cardiaque la première aide doit arriver au plus tôt. Les chances de survie baissent rapidement (10% chaque minute). Jusqu'à ce que le patient soit entre les mains des professionnels, les présents peuvent commencer une réanimation cardio-pulmonaire avec succès.

Pour effectuer une réanimation, il faut effectuer des compressions thoraciques.

  1. Mettre le patient sur le dos, sur un plan dur
  2. Dégager le thorax
  3. Repérer la zone de compression (axe central, niveau sternum)
  4. Position des mains et du corps
    1. Mains superposées
    2. Aucune pression sur les côtes
    3. Bras tendus
    4. Epaules à la verticale de la zone de compression
  5. Compressions de la cage thoracique
    1. Maintenir les mains sur le sternum
    2. Au moins 100 compressions par minute
    3. Profondeur d'au moins 5 cm

AED (défibrillateur)

Un "AED" (Automated-External-Defibrillator), est un appareil portable fonctionnant au moyen d'une batterie ou d'un accumulateur. Il procède à un électrocardiogramme (ECG), l'évalue et donne à l'utilsateur des indications précises sur ce qu'il doit faire.

Après l'enclenchement de l'AED, l'appareil demande à l'utilisateur, par module vocal, de placer les électrodes sur le patient. Le secouriste déclenche l'analyse par pression sur un bouton. L'AED effectue un ECG (test du rythme) mais ne l'imprime pas toujours.

Après l'analyse de l'ECG, l'AED prend une décision. Si un besoin de défibrillation est nécessaire, l'appareil conseil une défibrillation. Le déclenchement est effectué par pression sur un bouton. Suivre les indications de l'appareil après le choc.

ATTENTION !!!

Si aucun AED n'est disponible, poursuivre le BLS jusqu'à l'arrivée des secours ou d'un médecin.

 

Comment utiliser un défibrillateur ?

La mise en fonction de l’appareil s’effectue en 5 étapes :

1) La mise en marche de l’appareil

Déposez le défibrillateur cardiaque près de la victime, idéalement au niveau de son oreille gauche. Ouvrez ensuite la housse de transport : certains appareils sont munis d’un capot qui, à son ouverture, met en route l’appareil. Pour les autres, il faudra appuyer sur le bouton marche/arrêt du défibrillateur. Un son se fait alors entendre et une voix synthétique commence à vous guider dans les différentes étapes de l’utilisation de l’appareil.

2) La préparation de la victime et la connexion des électrodes

Enlevez ou coupez les vêtements recouvrant la poitrine de la victime. Assurez-vous que sa poitrine est sèche (pour une adhésion optimale) et pas trop velue (auquel cas vous pouvez utilisez le rasoir jetable contenu dans la housse de l’appareil). Sortez alors les électrodes, connectez-les aux câbles (parfois ces sont déjà pré-connectés) et collez-les, l’une après l’autre, au niveau des emplacements suivants : la première juste au-dessous de la clavicule droite, contre le bord droit du sternum, la deuxième sur le côté gauche du thorax, 5 à 10 cm sous l’aisselle gauche. Connectez enfin le câble au défibrillateur.

3) L’analyse du rythme cardiaque

Il est possible que l’analyse se lance automatiquement ; si ce n’est pas le cas appuyez sur le bouton d’analyse quand le défibrillateur vous le demande. Ne touchez surtout pas la victime pendant le processus et arrêtez tout geste de secours. A l’issue de l’analyse, si le rythme de la victime nécessite un choc électrique, le défibrillateur se charge automatiquement.

4) Le choc électrique

L’appareil vous indiquera toujours si un choc est nécessaire avant sa mise en charge. Il est important d’écouter et de respecter scrupuleusement les recommandations de l’appareil. Dès qu’il vous le demande, appuyez sur le bouton pour choquer la victime, et poursuivre la séquence de chocs si telle est la demande.

5) L’extinction de l’appareil

N’éteignez l’appareil que lorsque le médecin des services de secours vous le demande et n’enlevez en aucun les électrodes avant son arrivée. Si le défibrillateur indique à l’étape 3 qu’aucun choc n’est indiqué, ne les enlevez pas non plus : poursuivez les gestes de secours si la victime ne respire toujours pas.

La position "état de choc"

Dans nombreuses situations de secours, il faut s'attendre à trouver le patient en état de choc. Il doit donc être positionné le plus horizontalement possible.

Les symptômes sont :

  • Teint pâle, peau froide et humide, transpiration
  • Pouls rapide et fuyant et devenant à peine perceptible
  • Comportement anormal, tout d'abord agité et angoissé, puis indifférent et finalement confus pouvant aller jusqu'à la perte de connaissance
  • Respiration rapide et/ou difficile

 

ATTENTION !!!

Le patient ne doit pas être placé dans cette position en cas d'affection ou de blessure au niveau de la poitrine, ni en cas d'hypothermie.

En cas de perte de connaissance, la position latérale de sécurité est prioritaire.

La position surélevée du buste

En cas de déficience respiratoire, de coup de chaleur ou de douleur de poitrine, le patient doit être placé en position semi-assise.

Placer le patient d'une déficience respiratoire dans une position qui facilite sa respiration, c'est-à-dire toujours avec le buste droit.

En cas de coup de chaleur, placer la personne dans un endroit frais, avec le buste surélevé et ouvrir ses vêtements. Laisser l'organisme se refroidir lentement.

 

ATTENTION !!!

Si l'état du patient se modifie gravement (apnée, arrêt cardiaque), prendre les mesures immédiates pour lui sauver la vie (MISV).

Surveiller le patient en permanence

L'hémostase (Hémorragie)

Il désigne toutes les mesures mises en oeuvre pour arrêter une hémorragie.

Comment reconnaître une hémorragie ?

Une hémorragie est un écoulement de sang causé par la rupture d'un vaisseau sanguin.

Lorsque cet écoulement se produit à l'intérieur du corps on parle d'hémorragie interne. Lorsqu'il se produit à l’extérieur du corps on parle d'hémorragie externe.

On peut distinguer trois sous-catégories d'hémorragies :

  • l'hémorragie artérielle (le sang est rouge vermeil et il gicle par saccades),
  • l'hémorragie veineuse (le sang est rouge sombre et il s'écoule en nappe),
  • l'hémorragie capillaire (qui correspond à un saignement de faible intensité et sans gravité, tel que celui provoqué par une coupure faite en se rasant).

Remarque : Nous ne considérerons ici que les hémorragies abondantes (artérielles ou veineuses), c' est-à-dire celles qui imbibent un mouchoir de tissu ou de papier en quelques secondes.

C'est l'hémorragie artérielle qui est la plus dangereuse car la perte de sang est très rapide. Dans tous les cas, l'important est d'arrêter le saignement le plus vite possible, car une perte d'un litre de sang chez un adulte (qui en possède en moyenne cinq litres) est suffisante pour mettre sa vie en danger.

Dans le cas d'un saignement abondant à l'extérieur du corps de la victime, celle-ci va rapidement présenter (outre le saignement proprement-dit) une pâleur de la peau et des extrémités ainsi qu'un pouls et une respiration rapide.

Il ne faut en aucun cas attendre l'apparition de ces signes pour stopper l'hémorragie.

 

Vous devez agir rapidement pour :

• Allonger la victime, tête basse pour faciliter l'irrigation de son cerveau (ou exceptionnellement en position demi-assise dans le cas des plaies graves du thorax avec gène respiratoire).
 
• Arrêter l'hémorragie :
  • en comprimant directement l'endroit qui saigne avec la paume de la main en se protégeant à l'aide d'un gant, d'un film plastique ou d'un tampon et ce, jusqu'à l'arrivée des secours,
  • si cela n'est pas possible, ou si cela ne suffit pas, en comprimant à distance, au niveau d'un point de compression,
  • si cela ne suffit toujours pas, en posant un garrot (tourniquet).
• Faire donner l'alerte.
• Surveiller la victime jusqu'à l'arrivée des secours.

Pourquoi agir ainsi ?

En appuyant avec votre main sur la plaie qui saigne, vous stoppez l'hémorragie, et évitez que la victime ne perde trop de sang. Si la victime perd trop de sang, elle peut mourir rapidement ;

En l'allongeant, vous évitez qu'elle ne soit prise d'un malaise dû à la perte d'un volume trop important de sang, et ne tombe.

Le pansement compressif

La substitution de la compression manuelle par le pansement compressif doit être la plus rapide possible. La mise en place de ce dernier doit observer les principes suivants :

  • Les compresses ou le linge propre doivent recouvrir complètement la plaie qui saigne.
  • La bande (foulard, cravate, ceinture, serviette ...) qui maintient le tissu mis en place sur la plaie doit recouvrir complètement celui-ci et être assez longue pour faire au moins deux tours.
  • La bande doit exercer une pression suffisante pour éviter que le saignement reprenne. Il faut toutefois veiller à ne pas trop la serrer (l'extrémité du membre ne doit devenir ni froide ni violacée).

Ne retirez pas le pansement qui se trouve au contact de la plaie, même s'il est imbibé de sang, vous risqueriez d'arracher les caillots en cours de formation et de relancer l'hémorragie.

 

Remarques :

Les plaies du poignet, de la main et du pied saignent beaucoup mais l'hémorragie, même artérielle s'arrête toujours par un simple pansement compressif. Il n'y a pas à ce niveau d'indication de garrot.

Au niveau du cou, il est impossible de réaliser un pansement compressif. La compression manuelle devra donc être maintenue.

Si la plaie est très large et impossible à comprimer avec la main , installez d'emblée un garrot si le saignement se fait en jets saccadés, ou un large pansement compressif dans les autres cas. Une compression à distance temporaire par un témoin vous aidera à faire le pansement ou à installer le garrot.

N'essayez pas d'enlever un corps étranger profondément enfoncé dans une plaie car cela risque de déclencher une hémorragie très importante. Il ne sera enlevé qu'en salle d'opération.

Le tourniquet / garrot

La pose d'un garrot est une intervention risquée que vous ne devez faire que sur un bras ou une jambe et seulement s'il n'y a pas d'autres solutions pour sauver la vie de la victime.

1. Réfléchissez au garrot

Si la pression sur la blessure n'arrête pas l'hémorragie, si vous êtes dans la nature, si vous ne pouvez pas appeler les secours quelle que soit la raison, s'il y a trop de blessures pour les traiter en appuyant dessus ou si vous vous trouvez dans une situation d'urgence, vous devriez poser un garrot pour arrêter l'hémorragie. Le garrot doit être considéré comme un instrument de dernier recours dans une situation d'urgence. En effet, l'utilisation de cette technique peut provoquer de nombreux problèmes graves.

2. Estimez les facteurs de risque

Si vous vous trouvez dans une situation qui nécessite l'utilisation du garrot, il existe des complications qui peuvent apparaître et que vous devez prendre en compte avant d'utiliser un garrot. Voici quelques facteurs dont vous devez tenir compte :

  • Les garrots qui ne sont pas suffisamment serrés peuvent faire empirer l'hémorragie. Le sang qui coule dans les artères présente une pression plus élevée que dans le reste du système sanguin, si le garrot n'est pas assez serré, cela pourrait laisser passer le sang dans l'artère tout en bloquant le sang dans le reste des veines.
     
  • Les garrots desserrés trop tôt peuvent provoquer des dégâts sur les vaisseaux sanguins comprimés et l'hémorragie pourrait redémarrer.
     
  • Les garrots laissés en place pendant trop longtemps peuvent abîmer les nerfs, les muscles et les vaisseaux sanguins. En règle générale, des dégâts permanents peuvent apparaître si le garrot est laissé en place pendant plus d'une ou deux heures.
     
  • Un garrot posé sur la mauvaise zone, par exemple trop loin de la plaie ou sur une articulation, peut être inefficace.
     
  • Un garrot, s'il est appliqué correctement, peut entraîner beaucoup de douleurs.

3. Posez le garrot

Si vous voulez poser un garrot correctement, vous devez commencer par trouver le bon matériau pour la zone sur laquelle vous allez le mettre. Les garrots doivent mesurer entre 2 et 5 cm de large. Vous devez en utiliser un plus fin sur les bras et un plus large sur les jambes, arrachez ou découpez une bande de tissu sur un t-shirt, une serviette ou un drap pour faire le garrot.

  • Les garrots trop fins peuvent couper la peau alors que les garrots trop larges doivent être noués très fort pour être efficaces.
  • Assurez-vous que le tissu n'est pas élastique ou glissant pour éviter qu'il glisse.
  • Vous pouvez aussi utiliser un garrot tout prêt, par exemple une ceinture ou une cravate.

4. Appliquez le tissu

Pour que votre installation soit efficace, vous devez choisir le bon endroit. Le garrot doit être installé à 5 cm au-dessus de la plaie sur la partie du membre la plus proche du cœur. Il doit être installé avec suffisamment de pression pour complètement arrêter le flux sanguin dans l'artère.

  • Ne le posez pas sur une articulation comme le coude ou le genou. Le flux sanguin est protégé dans les articulations pour qu'il ne soit pas interrompu lorsque l'articulation se plie. Ne le posez pas par-dessus les vêtements pour éviter qu'il glisse une fois en place.
  • Le flux sanguin dans l'artère est celui qui va faire gicler le sang à cause de la pression exercée par le cœur.
  • N'installez jamais un garrot sur une autre partie du corps que le bras ou la jambe.

5. Nouez le garrot

Nouez-le en utilisant un nœud normal. Assurez-vous que le nœud est bien serré. Si vous voulez utiliser un objet pour vous aider à le resserrer, vous allez devoir faire deux nœuds. Faites le premier nœud pour installer le tissu sur le membre. Ensuite, posez une pièce de bois ou de métal de 12 à 18 cm de long appelé un treuil sur le tissu et faites un nœud par-dessus. Assurez-vous que le treuil est lisse pour ne pas blesser la victime ou couper le garrot. Cela peut être un bâton, un ustensile en métal, un crayon, un stylo ou tout objet long.

6. Resserrez le garrot

Si vous utilisez une ceinture, serrez-la le plus possible pour arrêter l'hémorragie. Si vous utilisez le tourniquet, resserrez le garrot le plus possible pour arrêter les saignements en faisant tourner le treuil pour tirer sur le tissu autour du membre. Les garrots sur les jambes doivent être plus serrés que ceux sur les bras, car les vaisseaux sanguins y sont plus larges.

7. Attendez que les secours arrivent

Une fois que vous avez installé le garrot, attendez les secours. Assurez-vous de vous souvenir de l'heure à laquelle vous l'avez installé. Lorsque les secours arrivent, communiquez-leur cette information. S'ils sont en retard, vous pourriez réduire le risque de dégâts au niveau des tissus en posant des poches de glace sur le membre.

  • Ne retirez pas le garrot à moins que vous puissiez appliquer une pression directe sur la plaie. Si vous le pouvez, retirez-le avec prudence en observant les saignements et les signes de choc.
  • Si du sang continue de couler de la plaie, ne retirez pas le garrot

 

 

Les brûlures

Les brûlures sont de graves lésions de la peau et des tissus sous-cutanés, provoquées par la chaleur (feu, eau en ébullition, vapeur, soleil, etc...)

Il existe 3 degrés de brûlures :

  • 1er degré -> rougissement de la peau (coup de soleil)
  • 2ème degré -> apparition de cloques
  • 3ème degré -> apparition de croûtes et carbonisation de la peau

Il faut refroidir immédiatement durant 15 minutes dans une eau à 15 C° à une distance de 15 cm (règle des trois 15).

Le refroidissement avec de l'eau trop froide peut provoquer des gelures aux tissus encore sains. En cas d'urgence, la propreté de l'eau est secondaire.

Il faudra un traitement médical pour toutes les brûlres du 2ème et 3ème degrés qui sont supérieures à la surface de la main. Dans tous les cas, lorsque le visage et les yeux sont touchés. Egalement en cas de brûlures électrique, explosion ou incendie.

 

Brûlures des voies respiratoires :

  • Si la victime présente des troubles respiratoires, des douleurs thoraciques et éprouve des difficultés à avaler, il se peut que ses poumons aient été touchés (c'est surtout le cas quand l'accident se produit dans un endroit clos).
  • Alertez ou faites alerter les secours.
  • Installez la victime en position demi-assise * (* : C'est une position dans laquelle la victime est assise et adossée par exemple à un mur. Cette position permet à la victime de se décontracter tout en libérant ses voies aériennes.).
  • Surveillez la jusqu'à l'arrivée des secours.

Brûlure d’origine électrique :

Ces brûlures imposent l'hospitalisation de la victime, car quelle que soit la surface apparemment touchée (souvent minuscule), elles sont en général suivies de graves nécroses internes.

  • Si la victime est consciente amenez la immédiatement au centre de soin le plus proche.
  • Dans le cas contraire ou avec un courant à haute tension alertez ou faites alerter les secours.

 

ATTENTION !!!

Ne jamais retirer les vêtements